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152 Les Spectacles de la Foire.
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Nicolet fut donc mandé à Choisy, et le 23 avril 1772 il eut l'honneur de dérider un moment le monarque blasé, qui lui permit en retour d'appeler désormais son spectacle, théâtre des Grands-Danseurs du Roi, nom qu'il changea en 1792 pour celui de théâtre de la Gaite. En 1784, les intérêts de Nicolet coururent un grand danger; un arrêt du Conseil d'État avait attribué le privilège des spectacles forains à l'Académie royale de musique et celle-ci l'avait rétrocédé à deux anciens directeurs de théâtre de province, nommés Gaillard et Dorfeuille. Nicolet comprit ique l'argent seul le tirerait de ce mauvais pas, et sans se plaindre, sans essayer, comme son confrère Audinot, d'opposer des droits réels à la plus criante des injustices, il paya, et obtint à force d'écus la permission de rester à la tête de l'entreprise qu'il avait fondée, et qui prospérait si bien sous sa direction. Ce ne fut qu'en 1791, lors de la proclamation de la loi sur la liberté des théâtres, que Nicolet se vit enfin déchargé des ennuis dont les théâtres royaux l'avaient rendu si longtemps la victime. Il garda quelques années encore l'administration de son théâtre dont il céda la direction en 1795, un an seulement avant sa mort, à l'un des acteurs.de sa troupe, le fameux Ribiê. Un homme qui jouissait sur le boulevard du Temple d'une importance aussi grande, ne pouvait être oublié dans la galerie des portraits satiriques que nous a laissés l'auteur du Chroniqueur désœuvré, aussi Nicolet y a-t-il son article; mais cet article est évidemment exagéré, car il est représenté comme un idiot, et la manière dont il dirigea toujours son théâtre prouve, au contraire, qu'il était fort intelligent. Nous reproduisons néanmoins les lignes du Chroniqueur, car si elles sont injustes, elles sont du moins fort amusantes : « Les Grands-Danfeurs du Roi. Comment parlerons-nous de l'immortel directeur de cette troupe? fera-ce comme homme de lettres, comme philofophe, comme muficien, comme comédien ou comme homme d'efprit? Non. D'abord, comme homme de lettres, cela ne fe peut pas, puifqu'il ne fait ni lire, ni écrire; comme citoyen, ce titré ne peut appartenir à un bateleur; comme philofophe, en-
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